Une saison 2026 exceptionnelle pour les tortues du Québec
Communiqué de presse
Granby, le 28 septembre 2026 – La saison des tortues tire à sa fin au Zoo de Granby, et elle restera dans les annales. Après avoir pris en charge un nombre record de nids au printemps, l’équipe de Conservation du Zoo dresse aujourd’hui un bilan particulièrement encourageant : plus de 730 jeunes tortues de cinq espèces indigènes ont été remises à l’eau cette année, à la suite de taux d’éclosion exceptionnellement élevés au Lab Nature.
Au total, 31 nids de tortues géographiques, 19 nids de tortues molles à épines et une dizaine de nids de tortues des bois avaient été récoltés au printemps dans différentes régions de la Montérégie, de l’Estrie et de Montréal. Avec deux nids de tortues peintes et trois nids de tortues serpentines, ce sont plus de 880 œufs qui avaient été placés à l’abri des prédateurs et des aléas du milieu naturel, établissant un nouveau record pour le Lab Nature du Zoo.

Des taux d’éclosion qui dépassent les attentes
Les résultats obtenus au terme de la saison sont particulièrement éloquents. Chez la tortue molle à épines, espèce menacée au Québec, 96 % des œufs incubés présumés fertilisés ont éclos, permettant de remettre 310 jeunes tortues dans leur milieu naturel. Du côté de la tortue géographique, le taux d’éclosion atteint 95 %, pour un total de 291 jeunes remis à l’eau. Chez la tortue des bois, le taux d’éclosion s’élève à 97 %, et 73 jeunes ont pu regagner leur habitat naturel.
Les œufs qui n’éclosent pas peuvent notamment être non fertiles ou, par exemple, avoir été inondés pendant une trop longue période avant leur récolte, ce qui arrête leur développement. Ces résultats demeurent donc particulièrement significatifs dans un contexte où les tortues font face à de nombreuses pressions dans leur environnement naturel.
« Ces résultats sont très encourageants pour nos équipes, mais ils représentent surtout autant de jeunes tortues qui ont maintenant une chance supplémentaire de contribuer au renouvellement de populations vulnérables », souligne Patrick Paré, Directeur Conservation, Éducation et Recherche. « Derrière chaque jeune remis à l’eau, il y a des mois de travail sur le terrain, de l’incubation, des soins, de la surveillance et une grande expertise scientifique. »
Près de 50 nids protégés seront également excavés en nature
Le travail des biologistes ne s’arrête pas à l’incubation en laboratoire. Dans les prochaines semaines, près d’une cinquantaine de nids de tortues géographiques protégés en milieu naturel seront excavés afin d’évaluer leur succès d’éclosion et de remettre les tortillons à l’eau.
Alors que l’incubation au Lab Nature est principalement réservée aux nids les plus vulnérables durant l’été, l’excavation cible ceux qui peuvent compléter leur incubation en milieu naturel. Ces nids sont protégés des prédateurs à l’aide de grillages, puis excavés à l’automne afin d’augmenter les chances de survie des tortillons. En effet, les jeunes tortues géographiques peuvent demeurer dans leur nid tout l’hiver avant d’émerger au printemps. Or, certains sites de ponte présentent un sol fortement compacté qui peut rendre leur émergence difficile, tandis que d’autres sont exposés aux crues printanières qui noient les nids. Cette approche permet ainsi de conserver une incubation naturelle tout en réduisant les risques auxquels les tortillons sont exposés après l’éclosion.
Des micropuces pour suivre les jeunes tortues molles à épines
Cette année marque également une nouvelle étape dans le suivi des tortues molles à épines issues du programme de conservation du Zoo. Seize jeunes tortues ont été munies d’une micropuce PIT (Passive Integrated Transponder) avant leur remise en liberté. Cette technologie permet aux biologistes de suivre des individus qui seraient autrement extrêmement difficiles à repérer dans la nature. La micropuce, qui ne contient aucune pile, possède un numéro d’identification unique et peut demeurer fonctionnelle pendant toute la vie de l’animal.
Une antenne RFID flottante est déplacée manuellement à la surface de la rivière. Lorsqu’elle passe à proximité d’une tortue marquée, elle détecte son numéro d’identification, même lorsque l’animal se trouve sous l’eau ou enfoui dans le substrat. Chaque détection peut ensuite être associée à une position GPS, permettant aux équipes de documenter les déplacements, la survie à long terme et l’utilisation de l’habitat des individus suivis.
Les premiers résultats obtenus cette année sont encourageants : les 16 tortues munies d’une micropuce ont été détectées après leur remise à l’eau, et 11 d’entre elles ont été suivies durant 3 semaines dans le secteur ciblé par les équipes. Cette technologie apporte une nouvelle dimension au programme de conservation. Jusqu’à maintenant, les jeunes tortues étaient particulièrement difficiles à suivre, notamment parce que leur petite taille limite les possibilités de télémétrie traditionnelle. Les PIT tags peuvent quant à eux être implantés chez des individus pesant à peine une quinzaine de grammes.
Le projet est rendu possible grâce au soutien financier de Mission Faune Zoo de Granby, de la Fondation pour la biodiversité et la faune du Québec, de Conservation de la nature Canada, ainsi que le MELCCFP, et avec la collaboration du Groupe de mise en œuvre pour le rétablissement de la tortue molle à épines (GMO TME) de l’Équipe de rétablissement des tortues du Québec (ERTQ).
Plus de 25 ans à travailler pour les tortues du Québec
Cette saison exceptionnelle s’inscrit dans un travail de longue haleine. Le Zoo de Granby participe aux efforts de rétablissement de la tortue molle à épines depuis la création de l’équipe provinciale en 1997 et assure l’incubation des œufs en laboratoire depuis 2009. Au fil des années, cette expertise a également été mise à profit pour la conservation d’autres espèces de tortues indigènes, notamment la tortue des bois et la tortue géographique.
Les tortues comptent parmi les groupes de vertébrés les plus menacés au Québec. Les sept espèces indigènes ont un statut précaire ou préoccupant, à l’échelle du Québec ou du Canada. Perte et fragmentation des habitats, mortalité routière, prédation des nids, dérangement humain et changements climatiques exercent différentes pressions sur leurs populations. Leur maturité tardive et le faible taux de survie naturelle des jeunes rendent également chaque naissance particulièrement précieuse.
Pour les équipes du Zoo de Granby, chaque saison représente donc à la fois une occasion d’agir concrètement pour les tortues du Québec et d’approfondir les connaissances nécessaires à leur conservation. De la recherche des sites de ponte jusqu’au suivi des tortues remises en liberté, en passant par la protection des nids, l’incubation, les soins vétérinaires et maintenant le suivi individuel par micropuce, cette expertise permet de mieux comprendre les besoins des espèces et de contribuer à leur rétablissement à long terme.
À propos du Zoo de Granby et de Mission Faune
En plus d’être un attrait incontournable au Québec, le Zoo de Granby est un organisme à but non lucratif dont la mission est d’Agir pour préserver le monde animal. Depuis 1953, le Zoo agit comme organisme de conservation via des activités de sensibilisation, des actions de conservation en nature et via le financement de programmes de recherches scientifiques.
Que ce soit pour la faune locale ou internationale, l’initiative Mission Faune du Zoo de Granby vise l’accélération de la mise en place d’actions concrètes pour la protection de notre biodiversité. Elle invite à l’action et au changement, maintenant, et pour les générations à venir.
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Pour informations
- Julie Hébert, Spécialiste au contenu et porte-parole
- 579-488-2169
- jhebert@zoodegranby.com










