Protéger la biodiversité commence… dans votre cour arrière!
Quand on parle de protéger la biodiversité, on imagine souvent des écologistes en pleine forêt tropicale, des animaux rares dans des contrées lointaines ou de vastes réserves naturelles à l’autre bout du monde.
Comment faire alors pour s’impliquer dans la protection des espèces vivantes?
La solution se trouve plus près de vous que vous ne le croyez. Littéralement. Dans nos cours arrière, nos jardins… et même sur nos balcons.
Parce que la biodiversité ne se protège pas seulement dans les parcs nationaux. Elle se protège aussi par des petits gestes du quotidien : aider la faune locale, c’est beaucoup plus simple qu’on le croit!


Bienheureuses pelouses imparfaites
Pendant longtemps, l’image de la cour idéale a été celle d’un grand tapis vert parfaitement tondu, sans feuilles, sans mauvaises herbes et sans insectes. Le problème c’est que pour une abeille et autres bestioles, un terrain rempli de gazon, c’est un désert vert!
Une pelouse très courte et uniforme offre peu de nourriture, peu d’abris et presque aucun habitat pour les insectes. Or, ces petits animaux jouent un rôle immense dans nos écosystèmes.
Abeilles, bourdons, papillons et autres pollinisateurs permettent la reproduction d’une grande partie des plantes à fleurs, incluant plusieurs fruits et légumes que nous consommons chaque jour : on estime qu’une bouchée sur trois de ce que nous ingurgitons, nous le devons aux pollinisateurs!
Au Canada seulement, on retrouve plus de 800 espèces d’abeilles indigènes. Pourtant, plusieurs populations sont en déclin, notamment à cause de la perte d’habitat, des pesticides et des changements climatiques.

Heureusement, quelques fleurs peuvent déjà faire une vraie différence.
Les spécialistes recommandent d’intégrer davantage de plantes indigènes dans les aménagements paysagers. Ces plantes ont évolué ici, avec notre faune locale, depuis des milliers d’années. Les insectes les reconnaissent, s’en nourrissent et en dépendent parfois entièrement pour compléter leur cycle de vie.
L’idéal, c’est de choisir des espèces qui fleurissent à différents moments de la saison, du printemps jusqu’à l’automne, afin d’offrir une source de nourriture continue aux pollinisateurs. Même quelques pots de fleurs sur un balcon peuvent devenir utiles.
Et surtout, il n’est pas nécessaire de transformer sa cour en jungle!
Souvent, laisser un petit coin plus naturel suffit déjà à créer un refuge précieux pour la faune. Depuis quelques années, plusieurs municipalités encouragent d’ailleurs les citoyens à tondre moins souvent. Derrière cette idée se cache une réalité toute simple : les fleurs spontanées, les herbes plus hautes et les zones un peu moins “parfaites” deviennent rapidement des garde-manger pour les insectes.
Cette nouvelle façon de voir les espaces verts demande parfois un changement de perspective. Une cour un peu moins impeccable peut devenir beaucoup plus vivante!

Précieux amphibiens!
Et les pollinisateurs ne sont pas les seuls à profiter de ces petits gestes.
Les amphibiens, comme les grenouilles, les rainettes et les salamandres, font partie des espèces les plus sensibles aux perturbations environnementales. Leur peau très perméable les rend particulièrement vulnérables à la pollution et aux pesticides. Pourtant, eux aussi peuvent trouver refuge tout près de nos maisons. Plusieurs amphibiens sont les alliés des jardiniers, débarrassant le potager des indésirables.
Quelques feuilles mortes laissées au sol, des branches empilées dans un coin ombragé ou un petit espace humide peuvent devenir essentiels à leur survie. Une simple pile de feuilles mortes peut sembler anodine à nos yeux, mais s’avère être un véritable hôtel cinq étoiles pour une salamandre! Dans un jardin très “propre”, où tout est ramassé et coupé au millimètre, ces animaux trouvent difficilement des endroits où se cacher, conserver leur humidité ou se protéger de la chaleur.

Inviter les chauves-souris
Puis il y a les chauves-souris. Souvent mal comprises, parfois craintes, elles sont pourtant parmi nos meilleures alliées contre les insectes nuisibles. Une seule chauve-souris peut capturer des milliers d’insectes en une nuit : elles sont parmi les exterminatrices naturelles les plus efficaces du règne animal!
Mais elles aussi font face à plusieurs défis : perte d’habitat, disparition des vieux arbres et maladies. Là encore, quelques gestes simples peuvent aider. Installer un nichoir, préserver des arbres matures ou réduire l’éclairage extérieur excessif peut améliorer considérablement leur environnement.
Crédit photo : Sylvie Bousquet
Au fond, protéger la biodiversité ne signifie pas nécessairement en faire toujours plus. Très souvent, ça consiste plutôt à laisser un peu plus de place au vivant en acceptant, par exemple, qu’un coin de terrain soit un peu moins contrôlé.
Parce qu’une cour arrière peut être bien plus qu’un simple espace décoratif. Elle peut devenir un corridor pour les pollinisateurs, un refuge pour les amphibiens ou un garde-manger pour les oiseaux. Et lorsque des milliers de citoyens posent ces petits gestes en même temps, l’impact devient immense.





