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Des pommes aux grillons : incursion dans le garde-manger du Zoo!

Des pommes aux grillons : incursion dans le garde-manger du Zoo!
Tuesday, September 1, 2026

C’est la grande rentrée et qui dit rentrée dit retour des boîtes à lunch : et pourquoi ne pas profiter de l’occasion pour regarder ce qui se cache dans le garde-manger de nos pensionnaires! Au Zoo de Granby, nourrir les animaux ne consiste pas simplement à remplir des bols ou à déposer quelques fruits dans un habitat. Derrière chaque repas se cache un véritable travail de précision. Avec près de 1500 animaux représentant plus de 200 espèces aux besoins alimentaires très différents, la cuisine animalière doit composer chaque jour avec une impressionnante diversité de régimes.

Herbivores, carnivores, insectivores, frugivores, piscivores ou omnivores: chaque espèce possède ses propres besoins nutritionnels. Et même au sein d’une même espèce, la recette peut varier d’un individu à l’autre. On vous raconte la réflexion derrière chaque bouchée consommée par les animaux du Zoo!

Une diète sur mesure

La première règle en nutrition animale est simple : il n’existe pas de menu universel. 

L’âge, le sexe, le poids, le niveau d’activité, la condition corporelle, la saison et l’état de santé sont notamment pris en considération pour déterminer ce qu’un animal doit manger et en quelle quantité. 

Une jeune femelle en croissance n’aura donc pas nécessairement les mêmes besoins qu’un individu adulte, tout comme un animal vieillissant ou présentant un problème de santé pourra nécessiter une diète adaptée.

Au Zoo de Granby, une nutritionniste animalière travaille de concert avec les techniciens en soins animaliers et l’équipe vétérinaire pour planifier l’alimentation des pensionnaires. 

Les fiches alimentaires précisent le type d’aliments à offrir et les quantités à peser, parfois au gramme près. Cette précision n’est pas un luxe. Une alimentation trop riche peut entraîner une prise de poids, tandis qu’une diète inadéquate peut provoquer des carences ou d’autres problèmes de santé. 

La nutrition constitue donc une composante importante de la médecine vétérinaire préventive.

Une épicerie… à l’échelle zoologique!

À première vue, la liste d’épicerie du Zoo de Granby pourrait donner le vertige. 

On y trouve une grande variété de moulées spécialisées, de fruits et de légumes, mais aussi du foin, de la viande, du poisson, des fruits de mer, des noix, des céréales et bien d’autres aliments. 

Les quantités consommées sont impressionnantes : près de 95 caisses de pommes, 364 caisses de laitues, une tonne de carottes et 14 tonnes de viande sont commandées annuellement, pour ne donner que quelques exemples.

Et ce n’est que la pointe de l’iceberg! Les grands herbivores, comme les éléphants, les rhinocéros, les girafes et les hippopotames, nécessitent notamment un approvisionnement constant en grandes quantités de fourrage. Pour gérer cette diversité, la cuisine animalière fonctionne avec un véritable « livre de recettes ». 

Chaque journée est planifiée afin que les bons aliments se retrouvent dans les bonnes quantités, pour les bons animaux.

Une carotte n’est pas toujours qu’une carotte!

Choisir un aliment ne signifie pas seulement regarder s’il est apprécié par l’animal. Il faut aussi connaître sa composition nutritionnelle et savoir comment il s’intègre dans l’ensemble de la diète. Le Zoo de Granby regroupe notamment les fruits et les légumes en différentes catégories nutritionnelles. Cela permet de remplacer un aliment par une autre option comparable lorsque les disponibilités saisonnières changent. Ainsi, lorsqu’un fruit n’est plus disponible, il est possible de choisir une autre option présentant des caractéristiques nutritionnelles similaires. À l’inverse, on profite de l’abondance saisonnière lorsqu’elle se présente : les fraises en juin ou les courges à l’automne, par exemple.

La préparation compte également dans la satisfaction du « client ». Selon l’espèce et l’individu, les aliments peuvent être servis entiers, coupés en dés, en morceaux, en purée ou sous une autre forme. Même les préférences individuelles doivent parfois être prises en considération. Certains animaux se montrent particulièrement sélectifs! Au Zoo de Granby, les équipes peuvent alors chercher une façon de conserver les nutriments recherchés tout en trouvant une présentation ou un aliment qui sera accepté par l’animal.

Quand le repas est... une proie!

Un menu légèrement... différent!

Pour les carnivores, le menu est évidemment très différent. 

Les grands félins du Zoo reçoivent notamment de la viande chevaline formulée pour répondre à leurs besoins. 

D’autres carnivores et oiseaux de proie consomment différentes proies, comme des souris, des poussins ou des poulets. Environ 12 000 souris, 5 100 poussins et 400 poulets sont consommés annuellement. Ces proies, préalablement congelées, sont décongelées et tempérées avant d’être distribuées.

À chacun son choix!

La variété est importante : un boa constricteur n’aura évidemment pas les mêmes besoins qu’un hibou ou qu’un grand félin. Et même les préférences individuelles peuvent entrer en ligne de compte. 

Dans plusieurs établissements zoologiques, les carnivores reçoivent également des portions de carcasses entières ou des proies entières. Cette pratique permet notamment de fournir, en plus de la viande, des éléments comme les os, les organes et les tissus conjonctifs, qui font naturellement partie de l’alimentation de nombreux prédateurs.

Des goûts... discutables!

Pour certains pensionnaires, le menu parait nettement moins appétissant pour notre palais délicat.

Le Zoo élève notamment différents insectes et des vers destinés à ses animaux insectivores : grillons, vers morios, vers de terre, blattes et autres invertébrés font partie du garde-manger. 

À titre d’exemple, plus de 7 700 grillons sont consommés chaque année. Cette alimentation répond à de véritables besoins nutritionnels. 

Les insectes peuvent notamment fournir des protéines et du calcium et constituent une composante importante de la diète de nombreuses espèces insectivores, notamment des lézards et de petits primates.

Plus de 20 sortes de moulées

Les aliments frais ne sont toutefois qu’une partie de l’équation. Le Zoo de Granby utilise plus de 20 types de moulées, conçues pour répondre aux besoins de différentes espèces et catégories d’animaux. Certaines sont destinées aux primates, d’autres à différents groupes d’herbivores ou à des espèces ayant des besoins nutritionnels particuliers. Ces aliments formulés permettent notamment de fournir de façon constante certains nutriments essentiels qui seraient difficiles à obtenir uniquement à partir d’aliments frais.

Dans les zoos modernes, la formulation des diètes repose d'ailleurs sur une combinaison de données scientifiques, de connaissances sur l’alimentation naturelle des espèces et de l’observation des animaux sous nos soins. Les nutritionnistes travaillent avec les équipes animalières et vétérinaires pour élaborer des régimes dont la composition nutritionnelle se rapproche le plus possible des besoins connus des espèces dans leur milieu naturel.

Une alimentation en perpétuelle évolution

La nutrition zoologique est loin d’être une science figée. Les connaissances sur les besoins nutritionnels des espèces continuent d’évoluer, tout comme les méthodes permettant de mesurer la qualité d’une diète et ses effets sur la santé. Cette collaboration entre institutions est particulièrement importante : les zoos peuvent ainsi partager leurs observations et contribuer à améliorer les connaissances sur la nutrition de nombreuses espèces animales.

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