Des pommes aux grillons : incursion dans le garde-manger du Zoo!
C’est la grande rentrée et qui dit rentrée dit retour des boîtes à lunch : et pourquoi ne pas profiter de l’occasion pour regarder ce qui se cache dans le garde-manger de nos pensionnaires! Au Zoo de Granby, nourrir les animaux ne consiste pas simplement à remplir des bols ou à déposer quelques fruits dans un habitat. Derrière chaque repas se cache un véritable travail de précision. Avec près de 1500 animaux représentant plus de 200 espèces aux besoins alimentaires très différents, la cuisine animalière doit composer chaque jour avec une impressionnante diversité de régimes.
Herbivores, carnivores, insectivores, frugivores, piscivores ou omnivores: chaque espèce possède ses propres besoins nutritionnels. Et même au sein d’une même espèce, la recette peut varier d’un individu à l’autre. On vous raconte la réflexion derrière chaque bouchée consommée par les animaux du Zoo!


Une diète sur mesure
La première règle en nutrition animale est simple : il n’existe pas de menu universel.
L’âge, le sexe, le poids, le niveau d’activité, la condition corporelle, la saison et l’état de santé sont notamment pris en considération pour déterminer ce qu’un animal doit manger et en quelle quantité.
Une jeune femelle en croissance n’aura donc pas nécessairement les mêmes besoins qu’un individu adulte, tout comme un animal vieillissant ou présentant un problème de santé pourra nécessiter une diète adaptée.
Au Zoo de Granby, une nutritionniste animalière travaille de concert avec les techniciens en soins animaliers et l’équipe vétérinaire pour planifier l’alimentation des pensionnaires.
Les fiches alimentaires précisent le type d’aliments à offrir et les quantités à peser, parfois au gramme près. Cette précision n’est pas un luxe. Une alimentation trop riche peut entraîner une prise de poids, tandis qu’une diète inadéquate peut provoquer des carences ou d’autres problèmes de santé.
La nutrition constitue donc une composante importante de la médecine vétérinaire préventive.

Une épicerie… à l’échelle zoologique!
À première vue, la liste d’épicerie du Zoo de Granby pourrait donner le vertige.
On y trouve une grande variété de moulées spécialisées, de fruits et de légumes, mais aussi du foin, de la viande, du poisson, des fruits de mer, des noix, des céréales et bien d’autres aliments.
Les quantités consommées sont impressionnantes : près de 95 caisses de pommes, 364 caisses de laitues, une tonne de carottes et 14 tonnes de viande sont commandées annuellement, pour ne donner que quelques exemples.
Et ce n’est que la pointe de l’iceberg! Les grands herbivores, comme les éléphants, les rhinocéros, les girafes et les hippopotames, nécessitent notamment un approvisionnement constant en grandes quantités de fourrage. Pour gérer cette diversité, la cuisine animalière fonctionne avec un véritable « livre de recettes ».
Chaque journée est planifiée afin que les bons aliments se retrouvent dans les bonnes quantités, pour les bons animaux.
Une carotte n’est pas toujours qu’une carotte!

Choisir un aliment ne signifie pas seulement regarder s’il est apprécié par l’animal. Il faut aussi connaître sa composition nutritionnelle et savoir comment il s’intègre dans l’ensemble de la diète. Le Zoo de Granby regroupe notamment les fruits et les légumes en différentes catégories nutritionnelles. Cela permet de remplacer un aliment par une autre option comparable lorsque les disponibilités saisonnières changent. Ainsi, lorsqu’un fruit n’est plus disponible, il est possible de choisir une autre option présentant des caractéristiques nutritionnelles similaires. À l’inverse, on profite de l’abondance saisonnière lorsqu’elle se présente : les fraises en juin ou les courges à l’automne, par exemple.
La préparation compte également dans la satisfaction du « client ». Selon l’espèce et l’individu, les aliments peuvent être servis entiers, coupés en dés, en morceaux, en purée ou sous une autre forme. Même les préférences individuelles doivent parfois être prises en considération. Certains animaux se montrent particulièrement sélectifs! Au Zoo de Granby, les équipes peuvent alors chercher une façon de conserver les nutriments recherchés tout en trouvant une présentation ou un aliment qui sera accepté par l’animal.
Quand le repas est... une proie!
Information intéressantes

Plus de 20 sortes de moulées
Les aliments frais ne sont toutefois qu’une partie de l’équation. Le Zoo de Granby utilise plus de 20 types de moulées, conçues pour répondre aux besoins de différentes espèces et catégories d’animaux. Certaines sont destinées aux primates, d’autres à différents groupes d’herbivores ou à des espèces ayant des besoins nutritionnels particuliers. Ces aliments formulés permettent notamment de fournir de façon constante certains nutriments essentiels qui seraient difficiles à obtenir uniquement à partir d’aliments frais.
Dans les zoos modernes, la formulation des diètes repose d'ailleurs sur une combinaison de données scientifiques, de connaissances sur l’alimentation naturelle des espèces et de l’observation des animaux sous nos soins. Les nutritionnistes travaillent avec les équipes animalières et vétérinaires pour élaborer des régimes dont la composition nutritionnelle se rapproche le plus possible des besoins connus des espèces dans leur milieu naturel.
Une alimentation en perpétuelle évolution
La nutrition zoologique est loin d’être une science figée. Les connaissances sur les besoins nutritionnels des espèces continuent d’évoluer, tout comme les méthodes permettant de mesurer la qualité d’une diète et ses effets sur la santé. Cette collaboration entre institutions est particulièrement importante : les zoos peuvent ainsi partager leurs observations et contribuer à améliorer les connaissances sur la nutrition de nombreuses espèces animales.








