Quand le temps laisse ses traces...
La réalité du vieillissement animal.
Le vieillissement est souvent perçu comme une réalité strictement humaine. Pourtant, il concerne aussi les animaux, y compris ceux qui vivent en milieu zoologique. Et si certaines choses gagnent en valeur avec le temps, comme l’expérience, la sagesse ou un bon vin, le passage des années amène aussi son lot de défis, tant pour les humains que pour les animaux.


Une longévité prolongée… et de nouvelles responsabilités
Dans la nature, peu d’animaux atteignent un âge avancé. La prédation, les maladies, la rareté des ressources ou les pressions environnementales limitent souvent leur espérance de vie.
En milieu zoologique, la réalité est bien différente. Grâce à des habitats soigneusement conçus, une alimentation adaptée à chaque individu, des suivis vétérinaires constants et des soins médicaux de pointe, de nombreux animaux vivent aujourd’hui bien au-delà de l’âge qu’ils auraient atteint à l’état sauvage.
Cette longévité accrue est une réussite en soi, mais elle s’accompagne aussi de nouvelles responsabilités. Car vieillir, c’est changer.
Comme chez l’humain, l’âge peut entraîner des modifications physiques, cognitives et comportementales qui influencent le bien-être et la qualité de vie des animaux.

Soulager, adapter et accompagner
Prendre soin d’un animal gériatrique demande une attention particulière et une expertise accrue. Il s’agit d’apprendre à reconnaître son « nouveau normal » : distinguer ce qui relève du vieillissement naturel de ce qui pourrait être un signe de douleur, d’inconfort ou de maladie.
Les équipes animalières et vétérinaires portent alors un regard encore plus attentif sur les comportements, la mobilité, l’appétit, les interactions sociales et le niveau d’activité de chaque individu.
Le défi est double : soulager les inconforts liés à l’âge, tout en continuant d’offrir des occasions de bien-être positif.
Encourager l’animal à bouger à son rythme, maintenir une condition corporelle adéquate, proposer des enrichissements adaptés à ses capacités, multiplier les choix : lieux de repos, types de stimulation, interactions, etc.
Tout cela contribue à préserver son autonomie, sa dignité et sa qualité de vie.
Tumbili sous des soins attentifs

Un exemple bien réel de cette réalité est celui de Tumbili, notre mâle mandrill. Né au Zoo de Granby en 2004, le coloré primate a grandi ici avant de séjourner quelques années au Zoo de Calgary, puis de revenir à Granby en 2018 pour prendre la relève comme chef de clan. Mais dernièrement, les équipes ont observé chez lui une diminution de ses activités quotidiennes et des signes d’inconfort.
Les examens vétérinaires ont révélé la présence d’ostéoarthrose aux genoux, aux épaules et aux hanches, ainsi que des changements dégénératifs au niveau de la colonne vertébrale; un diagnostic qui expliquait clairement la perte de mobilité observée. À partir de là, un plan de soins personnalisé a été mis en place : médication pour soulager la douleur, ajustements à son environnement, ajout de structures favorisant le confort et la liberté de mouvement, et enrichissements pensés pour encourager l’activité, toujours au rythme de l’animal.
Aujourd’hui, Tumbili continue d’évoluer au sein de son groupe, accompagné de près par les équipes qui adaptent ses soins en fonction de l’évolution de sa condition. Son histoire illustre concrètement ce que signifie vieillir en milieu zoologique : une prise en charge empreinte de compassion, de science et de respect.
Tumbili sous le bistouri
Alors que les animaux vivant dans les zoos et aquariums accrédités atteignent des âges de plus en plus avancés, la question n’est plus seulement de prolonger la vie, mais de s’assurer qu’elle demeure riche, confortable et porteuse de bien-être à chaque étape. Accompagner nos pensionnaires gériatriques, c’est reconnaître leur parcours et continuer, jour après jour, de leur offrir la meilleure qualité de vie possible.





