L’accréditation de l’AZA : bien plus qu’un sceau de qualité
Pour le grand public, l’accréditation d’un zoo peut sembler n’être qu’un logo apposé sur un site Web ou à l’entrée d’une institution.
Pourtant, derrière ces trois lettres, AZA, pour Association of Zoos and Aquariums, se cache l’un des processus d’évaluation les plus rigoureux du milieu zoologique moderne. D’ailleurs, seulement 8 institutions canadiennes se prévalent de cette reconnaissance, dont le Zoo de Granby.

Tous les cinq ans, les institutions accréditées doivent se soumettre à une inspection exhaustive menée par un comité d’experts indépendants provenant d’autres établissements zoologiques et aquariums nord-américains. Dans moins d’un mois, soit du 9 au 12 juin prochains, le Zoo de Granby accueillera à son tour cette importante visite d’évaluation dans le cadre du renouvellement de son accréditation.
Plus qu’une reconnaissance prestigieuse, cette démarche représente un puissant moteur d’amélioration continue. Elle pousse les institutions à constamment revoir leurs pratiques, bonifier leurs installations et maintenir les plus hautes normes en matière de bien-être animal, de médecine vétérinaire, de sécurité, de conservation, d’éducation et de gestion.

Une évaluation complète de l’institution
Contrairement à certaines certifications qui ne touchent qu’un aspect précis des opérations, l’accréditation AZA examine pratiquement tous les volets d’un établissement zoologique. Les inspecteurs évaluent notamment :
- Les soins animaliers et vétérinaires;
- Les programmes d’enrichissement comportemental;
- La qualité et la complexité des habitats;
- La nutrition;
- Les protocoles de sécurité;
- La formation du personnel;
- Les plans d’urgence;
- Les pratiques éthiques;
- Les activités éducatives;
- Les initiatives de conservation;
- Ainsi que la gouvernance et la stabilité financière de l’institution.
Le processus comprend une volumineuse documentation préalable, plusieurs journées d’inspection sur le terrain ainsi qu’une audience officielle devant la Commission d’accréditation de l’AZA.
Et surtout : l’accréditation n’est jamais acquise définitivement. Les normes zoologiques évoluent constamment en fonction des avancées scientifiques sur le comportement, la santé et le bien-être des animaux. Les institutions doivent donc continuellement s’adapter et progresser afin de maintenir leur statut. Actuellement, moins de 10 % des établissements zoologiques aux États-Unis possèdent cette accréditation. On compte 254 institutions accréditées dans 12 pays.

Un impact direct sur le bien-être animal
Au cœur du processus d’accréditation se trouve une priorité fondamentale : le bien-être animal. L’AZA impose des normes scientifiques extrêmement élevées concernant les soins quotidiens, les programmes d’entraînement biomédical volontaire, la stimulation mentale et physique (enrichissement), les interactions sociales et l’aménagement des habitats. L’objectif n’est pas simplement d’assurer la survie des animaux sous nos soins, mais bien de favoriser leur épanouissement physique et psychologique.
Cette approche pousse les institutions zoologiques modernes à continuellement repenser leurs environnements et leurs pratiques afin de mieux répondre aux besoins spécifiques de chaque espèce. Les habitats évoluent, les méthodes aussi. L’accréditation agit donc comme un véritable filet de sécurité pour les animaux, en imposant des mécanismes d’évaluation indépendants et récurrents qui encouragent l’excellence plutôt que le statu quo.
Des zoos qui contribuent activement à la conservation

L’accréditation AZA ne concerne pas uniquement les animaux hébergés dans les zoos : elle reconnaît également l’engagement des institutions envers la protection de la biodiversité à l’échelle mondiale.
Les zoos et aquariums accrédités jouent aujourd’hui un rôle majeur dans la conservation des espèces menacées, tant en milieu naturel qu’en milieu zoologique. Ils participent à des programmes internationaux de recherche, de reproduction, de réintroduction et de protection des habitats naturels. En 2024 seulement, les institutions accréditées par l’AZA ont investi plus de 341 millions de dollars américains dans des projets de conservation sur le terrain partout dans le monde. Ces initiatives ont bénéficié à près de 400 espèces menacées inscrites sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Le réseau de l’AZA coordonne également près de 300 programmes de gestion de populations animales (Species Survival Plans), qui permettent de maintenir des populations génétiquement viables d’espèces menacées en milieux zoologiques et de soutenir, dans certains cas, des efforts de rétablissement en nature. Pour sa part, le Zoo de Granby participe à une trentaine de ces programmes pour des espèces qu’il héberge et pour lesquelles il ne ménage aucun effort.

Une responsabilité envers le public
Pour les visiteurs, choisir une institution accréditée constitue aussi une façon de poser un choix éclairé. L’accréditation AZA offre au public l’assurance qu’un établissement répond à des normes très élevées et qu’il fait l’objet d’évaluations indépendantes régulières. Elle témoigne également d’un engagement concret envers l’éducation, la science, la conservation et le bien-être animal.
Dans un contexte où les préoccupations envers les animaux et la biodiversité sont de plus en plus présentes dans la société, cette rigueur devient essentielle pour maintenir un lien de confiance avec le public.
Une démarche exigeante… et profondément mobilisatrice
Au Zoo de Granby, le renouvellement de l’accréditation représente des mois, voire des années de préparation, de révision et de collaboration entre les équipes. Derrière cette démarche se trouvent des centaines de protocoles, des évaluations constantes, une remise en question continue et un engagement collectif envers l’excellence.
Mais au-delà du processus administratif, cette accréditation reflète surtout une conviction profonde : celle que les institutions zoologiques modernes doivent continuellement évoluer, apprendre et se dépasser afin d’offrir les meilleurs soins possibles aux animaux tout en contribuant activement à la conservation du vivant.
Et c’est précisément ce que l’AZA vient reconnaître.


